Bulletin municipal de septembre 2026

« Trois sujets, trois projets, quelques questions »

Nous vous proposons de revenir sur trois dossiers récents de la vie communale : le projet de construction de 3 immeubles au centre du village, le budget prévisionnel 2026 et la désimperméabilisation de la cour de l'école.

Projet de construction de 3 immeubles au centre du village : derrière les annonces, que sait-on réellement ?

Résidence senior, béguinage, logements adaptés … Depuis plusieurs années, ces termes reviennent régulièrement dans les projets présentés. Mais entre les annonces successives et les réalisations concrètes, les projets ont évolué. Nous avons repris les faits, les dates et les documents pour permettre à chacun de comprendre pourquoi beaucoup de lecellois s'interrogent.

Le projet du centre-village : un nouveau « béguinage » ?

Le 23 juin 2026, le conseil municipal a assisté à la présentation d'un projet immobilier privé situé route de Roubaix, sur le terrain de l'ancienne maison de M. Pique, entre la fromagerie et le lotissement Flamsart.

Le projet présenté est composé de trois ensembles. Le bâtiment donnant sur la rue comprendrait des locaux destinés à des activités médicales, paramédicales ou commerciales au rez-de-chaussée et, aux étages, une dizaine de logements présentés comme une résidence destinée notamment aux personnes âgées, avec des loyers modérés et une gestion par un bailleur social. Un deuxième bâtiment serait consacré exclusivement à des activités médicales ou paramédicales. À l'arrière, un troisième bâtiment comprendrait 21 logements en accession à la propriété, principalement des T2, T3 et T4. Au total, le projet représenterait donc environ 31 logements. (mettre le lien du compte rendu du conseil municipal de juin 2026).

Le projet comporte plusieurs éléments intéressants : implantation à proximité du centre, accessibilité PMR, locaux pouvant accueillir des professionnels de santé, logements en accession et logements locatifs, stationnements et aménagements paysagers. Mais à ce stade, il s'agit bien d'un projet privé présenté en avant-projet. Le permis de construire doit encore être déposé puis instruit. Le maire a d'ailleurs rappelé lors de la présentation que le projet devait encore « mûrir » et qu'il appartiendrait notamment au PLUi et à l'instruction du permis de déterminer s'il peut être réalisé.

Un autre élément mérite d'être regardé avec attention : la terminologie utilisée autour des personnes âgées.

Ce n'est en effet pas la première fois qu'un projet de ce type est présenté à Lecelles. Dès 2014, un projet de béguinage était annoncé. Il a finalement donné naissance au Clos des Lys. Or, les documents de l'époque précisent que le Clos des Lys n'est pas un béguinage au sens traditionnel du terme : il s'agit d'un ensemble de logements qui ne correspond pas au concept généralement associé au béguinage (mettre ici le lien sur le dossier fait pdt la campagne 2020).
Quelques années plus tard, cinq logements sociaux construits à proximité de la gendarmerie ont à nouveau été présentés comme des logements « type béguinage » ou adaptés aux personnes âgées (mettre le lien du bulletin municipal de septembre 2025). Pourtant, lors des échanges en conseil municipal en 2024, il a été précisé que ces logements appartenaient au bailleur social et que c'est celui-ci qui choisissait les occupants. Leur attribution n'était donc pas exclusivement réservée aux personnes âgées. Nous ne sommes pas sur un béguinage.

Aujourd'hui, le projet présenté est encore différent : il s'agit d'une opération immobilière privée mixte, comprenant logements locatifs, logements en accession et locaux professionnels, dont une partie est destinée notamment aux personnes âgées.

La question n'est donc pas de savoir si Lecelles a besoin de logements pour les seniors, de logements accessibles ou de nouveaux professionnels de santé. Ces besoins peuvent légitimement faire consensus.

La question est plus simplement celle-ci : qu'entend-on précisément par « béguinage » ou « résidence senior » dans les différents projets annoncés depuis 2014, et que sera réellement le projet qui sortira de terre ?

À ce jour, une chose est certaine : le projet présenté le 23 juin 2026 n'est pas encore une réalisation. Le permis de construire reste à venir et, selon les échanges, les premières livraisons éventuelles ne pourraient intervenir qu'à l'horizon 2028-2029.

Il faudra donc suivre le projet dans le temps, et surtout comparer les annonces avec ce qui sera effectivement construit et proposé aux Lecellois.

Rappel du concept de béguinage :

"Les béguinages se composent en moyenne de 10 a 20 logements privés de plain pied (une maison ou un appartement) en location ou en propriété.
Ces logements sont conçus pour des personnes vieillissantes.
Les habitants des béguinages sont "chez eux" et peuvent avoir recours aux services d'aide a domicile.
Ils bénéficient également de locaux communs pour la prise des repas."

Cette définition permet de distinguer le concept de béguinage d'un simple ensemble de logements locatifs : au-delà de l'âge des occupants, le béguinage repose notamment sur une conception adaptée aux personnes vieillissantes et sur l'existence d'espaces ou de services communs.

C'est à l'aune de ces caractéristiques que chacun pourra apprécier les différents projets présentés au fil des années à Lecelles.

Budget primitif 2026 : pourquoi nous nous sommes abstenus ?

Voter un budget, ce n'est pas seulement voter des chiffres : c'est aussi voter des choix et des projets. Lors du conseil municipal du 21 avril 2026, notre groupe s'est abstenu lors du vote du budget primitif. Cette abstention ne signifie pas que nous étions opposés au budget dans son ensemble, ni aux dépenses nécessaires au fonctionnement de la commune. Elle traduit une difficulté plus précise : au moment du vote, certaines sommes importantes étaient inscrites au budget sans que les projets correspondants soient suffisamment définis.

Le budget primitif 2026 prévoit 2 720 507 € de dépenses d'investissement. Une somme de 700 000  est notamment inscrite à la ligne « bâtiments publics ».

Nous avons demandé ce que recouvrait précisément cette enveloppe. Les échanges en conseil ont d'abord évoqué des travaux de voirie, avant qu'il soit précisé que les 700 000 € concernaient l'école du Centre. Nous avons alors demandé si les travaux allaient commencer en 2026. La réponse a été claire : non. Le projet est encore en réflexion et une commission travaux doit notamment permettre de le préciser.

Nous avons alors posé une question qui nous semble légitime : comment voter 700 000 € lorsque nous ne connaissons pas encore précisément le projet auquel cette somme sera consacrée pour l'année 2026 ? 

Nous ne remettons pas en cause le principe de réfléchir à l'avenir de nos équipements scolaires et périscolaires. Nous nous interrogeons sur le fait d'inscrire 700 000 € au budget alors que le projet, son dimensionnement et son calendrier restent à définir.

Lors du même conseil, une enveloppe de 800 000  concernant les travaux de la rue des Fèves, entre la mairie et la rue de Chorette, a également été évoquée. Sur ce projet, la municipalité a indiqué que les travaux devaient commencer en octobre. Nous ne contestons pas la nécessité de réaliser des investissements dans la commune. Au contraire, nous considérons que les investissements sont indispensables pour entretenir et améliorer les équipements et les infrastructures de Lecelles.

Mais nous pensons qu'il est important de distinguer :

  • un projet identifié, chiffré et programmé, pour lequel les crédits peuvent être clairement rattachés à une réalisation ;
  • une enveloppe budgétaire correspondant à un projet encore en réflexion, dont le contenu, la surface et le calendrier ne sont pas encore arrêtés.

Notre abstention est donc avant tout une question de lisibilité et de transparence du budget.

Nous aurions souhaité disposer, au moment du vote, de davantage d'éléments sur les investissements les plus importants : quels projets ? quel calendrier ? quel coût prévisionnel ? quelles priorités pour la commune ?

Le maire a indiqué que les projets seraient précisés ultérieurement, notamment dans le cadre des commissions de travaux.

Nous avons donc choisi de ne pas voter contre un budget qui contient de nombreux investissements que nous pouvons soutenir, mais de ne pas voter pour des crédits dont l'utilisation reste, pour une part importante, à définir.

Notre abstention n'est pas un refus d'investir.
C'est le choix de demander davantage de visibilité avant de donner notre accord.

Désimperméabiliser la cour de l'école : oui, mais pour quel projet ?

Lors du conseil municipal du 23 juin, nous avons voté à l'unanimité la demande de subvention auprès du Département pour des travaux de désimperméabilisation de la cour de l'école du Centre. Le coût annoncé est de 100 000 .

L'objectif présenté est positif : créer des îlots de fraîcheur, favoriser l'infiltration de l'eau à la parcelle et permettre aux enfants de jouer dans de meilleures conditions. Il nous paraît évidemment difficile de contester ces objectifs, particulièrement dans le contexte du réchauffement climatique que nous connaissons.

Mais voter une demande de subvention ne signifie pas pour autant que nous avons validé les travaux dans leur détail.

Lors du vote du budget primitif, quelques semaines auparavant, ce projet de désimperméabilisation n'avait pas été présenté comme un investissement identifié. Aucune commission de travaux n'a, par ailleurs, permis depuis le début du mandat de présenter et de discuter collectivement les projets d'investissement.

Le conseil est donc appelé à se prononcer sur une demande de financement alors que plusieurs questions restent à préciser : quelle surface de la cour sera désimperméabilisée ? Quelle part du revêtement actuel sera supprimée ? Quels aménagements seront réalisés ? Quels matériaux seront utilisés ? Quelle part sera consacrée aux plantations et aux îlots de fraîcheur ? Et surtout, que représentent concrètement les 100 000 € annoncés ?

Notre compte rendu du conseil relate les échanges « on ne mettra pas forcément de la terre où on enlève l'enrobé ». (mettre ici le lien du CR)

Nous ne sommes pas opposés à la désimperméabilisation. Mais 100 000 € représentent une somme importante pour l'aménagement d'une cour d'école.

Si le projet consiste à retirer quelques mètres carrés d'enrobé, à planter des arbres ou à aménager quelques îlots de fraîcheur, il est légitime de s'interroger sur le coût de ces travaux.

À l'inverse, si une grande partie de la cour devait être désimperméabilisée, il faudra également réfléchir à son utilisation quotidienne : comment les enfants pourront-ils jouer par temps de pluie ? Quels revêtements seront retenus ? Comment éviter que les espaces deviennent boueux ? Quel entretien cela représentera-t-il pour le personnel communal ?

Une cour d'école doit pouvoir répondre à plusieurs contraintes : être fraîche en période de fortes chaleurs, mais aussi rester praticable, sûre et agréable lorsqu'il pleut.

Une subvention reste de l'argent public. Elle ne rend donc pas la dépense gratuite. Une subvention ne doit donc pas conduire à considérer que la dépense n'a pas à être questionnée.

Chaque euro public mérite d'être utilisé de manière pertinente, qu'il provienne directement du budget communal ou d'une subvention.

Nous avons voté favorablement à cette demande de subvention.

Nous ne sommes pas contre l'amélioration du confort des enfants, nous ne sommes pas contre la création d'îlots de fraîcheur et nous ne sommes pas contre l'adaptation de nos écoles aux évolutions climatiques.

Mais nous souhaitons que la réflexion ne s'arrête pas à l'obtention d'une subvention.

Avant de dépenser 100 000 €, il nous paraît indispensable de réfléchir au projet dans son ensemble, à son utilisation toute l'année, à son entretien et à son coût réel pour la commune.

Améliorer le confort de nos enfants est une bonne chose.
Encore faut-il que le projet soit pensé pour durer et répondre aux besoins de tous ceux qui utilisent et entretiennent l'école.

Notre rôle : questionner, suivre, rendre compte

Nous ne nous opposons pas ou nous nous abstenons pas par principe. Nous votons les projets lorsque nous les estimons utiles. Mais notre rôle est aussi de poser les questions qui permettent de comprendre les choix faits pour notre commune.
Entre une annonce, une décision et sa réalisation, il y a parfois plusieurs étapes, voire quelques années. Nous continuerons à les suivre et à vous en rendre compte, avec une exigence simple : que les projets annoncés soient clairement définis, que l'argent public soit utilisé avec discernement et que les décisions prises aujourd'hui répondent aux besoins de Lecelles demain.
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